23 avril 2008



Correspondance


...Je m'assois donc parfois ici devant l'ordine pour vous écrire un peu. Je vous ai élu lecteur du printemps…

Bonsoir griffonneuse..
Ici lecteur du printemps qui ne demande qu'à solliciter un second
mandat
pour l'été, parce-que vous lire et vous savoir présente est saprement....
agréable et réconfortant.


Bonsoir ami

Votre candidature estivale a été retenue étant unique dans ce décor de pleine lune, de cordes à linges qui battent au vent, de rivières qui plongent les corps, de maisons à repeindre lentement.

22 avril 2008

Brel et moi

Prendre l'amour comme on prend le train

26 mars 2008


Billets sans coupon-réponse


Pensée du jour : Être comme la cru au printemps, se répandre en amour, se foutre en dehors de notre lit, embrasser ailleurs, partout.

Petites Annonces : Je pourrais te dire que j’aimerais ça être ton amie, mais on décide pas de chose comme celle-là, il faut des circonstances, un paysage, un horaire du temps, une montagne en arrière plan, quequ’chose.

Dernière nouvelle Jet-set : Luc de Larochelière enregistre un album en ce moment. Une pièce m’est dédiée. Je suis flattée, j’ai hâte d’entendre ça. Je trouve qu’il écrit de superbes textes. J’espère que j’y fait bonne figure, je n’ai pas toujours été gentille avec lui…

Gare Centrale: Je pense souvent à toi, je me demande comment tu vas, à quoi on peut bien penser à un moment comme celui-là de notre vie. J’ai l’impression qu’on doit se sentir lourd et léger à la fois.


13 février 2008

Je ne m’ennuie pas,

non.
Je me suis faite une raison. Une raison, à construire de A à Z, vingt-six petits mensonges à édifier de toute pièce de façon à ce qu’il fasse tenir ce ridicule château de cartes.

3 février 2008

Henry Miller

Tout comme le paresseux, l’écrivain s’accroche à sa branche tandis qu’au-dessous de lui la vie jaillit, incessante, tumultueuse. Quand il est prêt, ploc ! il tombe dans le flot et la bagarre pour la vie.


23 janvier 2008

Théodore Monod

On a tout essayé, sauf l'amour

9 janvier 2008

De la grande classe


Finalement, enfin pour le moment, je reste ici.



J'affectionne particulièrement la première moitié du siècle dernier. Les années 20, 30, 40 et 50. J'aime son côté chic, noir et blanc, délavé, gris, sépia, son côté crasse, jazzy, funck, fou, illicite. L'explosion de l'art, de la mode, des femmes artistes, les premières à créer à la lumière du jour. Les voitures, les complets veston sombres, les rayures, les foulards, les tissus, les maquillages rouge et noir, glamour, théâtre.

J'ai trouvé en la chanteuse Amy Winehouse un peu de cette beauté sale. De la grande classe quoi.

Ou encore pour bien saisir le savoureux personnage, dans ce cas-ci ce n'est pas tant pour le décor que pour l'air du temps en lui même et les musiciens dans la baignoire sur fond turquoise.

6 janvier 2008

C'est arrivé près de chez vous

J'avais beau repeindre les murs, ça ne venait pas à bout de mon désir de changement, je suis donc déménagée au http://marieevelandry.wordpress.com/

Je ne sais pas encore si je m'y plairai, je trouve la mise en page moins simple qu'ici.


Au plaisir d'avoir de vos commentaires

À tantôt

2 janvier 2008



Résolutions 2008

Me coucher chaque soir avec les dents propres
Ne plus être jalouse de la femme de mon ex
Ne plus comparer mes notes à la moyenne du groupe
Me répandre en amour
Être en tout moment ma meilleure amie


Grosse bise et bonne nouvelle année à vous, je vous la souhaite remplie de terres encore inconquises, de petits bonheurs qui rendent meilleur.

Allez hop!

25 octobre 2007

Rêverie


Rêverie, c'est le titre de la nouvelle chanson des Rita Mitsouko que je fredonne en boucle. Elle parle d'une jeune femme en fleur, de l'amour d'un jeune homme en fleur pour la jeune femme en fleur.

J'aimerais être encore de ces jeunes femmes en fleur.

9 octobre 2007


Acidalie


Déjà la mi-session. Je garde mon blogue ouvert parce que c'est ma page à moi et que je m'y épancherai en décembre quand j'aurai mon long congé d'étudiante survivante. J'ai bien quelques histoires qui me taraudent, s'incrustent à force d'attendre, mais le temps me manque et la discipline me tient ferme.

20 septembre 2007

Sans titre



Une photo de ma soeur parce que je la trouve belle.



Et que je n'ai pas le temps d'écrire, disons-le.

13 septembre 2007

Étudier

Me laver les cheveux
lire le journal, allez les mots-croisées
préparer à déjeuner, boite à lunch,
bonne journée Dix!
débarasser le trottoir de ma poubelle et des bacs de recyclage
faire les lits

Ah tiens, un coup de balayeuse s'impose. Est-ce bien sage de me laisser aller à ce caprice de second ordre? Il faut pourtant étudier, travailler. Écrire un peu. Écrire un peu en plus! Tu exagères! Écouter Vanessa Paradis, son dernier disque, c'est léger, foufou, je danse un peu. Bon, les études. Et si je déplaçais ma table de travail? Suffit d'essayer. Déplacer les meubles, soupeser le confort potentiel de l'intellect. Non. Déplacer les meubles, tenter. Voilà qui me plaît! La couleur des murs par contre laisse à désirer.

4 septembre 2007

Observatoire 4-09

Je lis, j'étudie, je comprends, je mange des cerises de terre.
Je loue la séries des Contes pour tous, Dix boit un chocolat chaud et invite des amies à sa journée:

films, milk shakes,
chocolat chaud et pop corn,
pour filles seulement

Après pour-parler, le chat est finalement admis.

Moi, je comprends les concepts chinois qui sont parfois Taoïstes.
Salomé va aux pommes, je me dessine à l'encre sur le corps les systèmes des méridiens que je comprends pas encore. Nous pelons les fruits après le souper pour en faire de la compote.

Dix me demande chaque jours:

- Tu as des trucs que tu veux que je te demande pour t'aider à étudier?

Moi, je l'aime.

23 août 2007

La voile


Quel long silence.

J'ai débuté mes cours. L'acupuncture en tant que médecine traditionnelle chinoise est un puit sans fond, une source sans fin, un met aux mille subtilités. J'élabore une méthode de travail pour bien enligner ma coque. Je prends le large, l'air est bon, les vents me prennent comme un amant.

Je me rassemble et me ressemble de plus en plus.

9 août 2007


La vie comme une pomme


Demain sera une belle journée, je le sais, je le sais, parce que demain me ramène Dix.

Bon c'est fini, je vous dis, je ne chiale plus.

8 août 2007


Live your best life



Things to think

Think in ways you've never thought before.
If the phone rings, think of it as carrying a message
Larger than anything you've ever heard,
Vaster than a hundred lines of Yeats.

Think that someone may bring a bear to your door,
Maybe wounded and deranged; or think that a moose
Has risen out of the lake, and his carrying on his antlers
A child of your own whom you've never seen.

When someone knocks on the door, think that he's about
To give you something large: tell you you're forgiven,
Or that it's not necessary to work all the time, or that it's
Been decided that if you lie down no one will die.

Robert Bly


De travers


Après m’être fait voler mes derniers billets de vingt au parc Lafontaine, je me suis volatilisée chez des amis à la campagne pour quelques jours.

Laisser le temps à toutes ces ecchymoses violets qui courent dans mon cou, sur mes genoux et mes bras de se diluer au fond du lac de sable.

Le retour en ville me laisse perdue, faisandée. La troublante impression d’avoir perdu toutes mes forces emmagasinées durant l’hiver.

Évidemment, je tais le fait que je me suis moi-même mise en situation de danger.

Décidément, ce n’est pas un de ces étés qu'on mettrait en couverture du Paris Match: Amoureux, ils s'envolent vers une île déserte offerte en cadeau de mariage ou La famille Lilas enfin réunis, ils sont plus beaux que jamais!


Ouch...

31 juillet 2007


Je ne veux pas être comme toi


Elle aimerait que je sois contente pour elle de ce voyage au Mexique. Pas faire semblant, être vrai de vrai contente. Elle flaire à cent mille à l’heure ma jalousie de les voir partir sans moi. Elle est déçue.



Comme si quelques secondes avant elle avait jaugé ma vie derrière mon épaule et qu’elle désapprouvait ce qu’elle avait vu, elle se fait grave :



-Tu sais maman, je n’ai pas envie d’avoir une vie où il m’arrive beaucoup de choses difficiles comme il t’en est arrivée à toi. Moi, j’ai envie d’avoir une vie simple et calme, d’être heureuse et de continuer à voyager.


Ses mots me laissent la brûlante sensation d’être soudain trahie par la personne de qui je me suis toujours sentie le plus près, trahie par le fait que cette enfant choisisse de ne pas être comme moi et ne me ressemble peut-être pas autant que je me l’imaginais, tout compte fait. Je suis reléguée, l’égo béant.

-Bien souvent Dix, les moments difficiles sont des moments où on apprend énormément de la vie, où l’on apprend beaucoup sur soi-même.



-Comme quoi?

-On apprend par exemple que l’on a la force en soi de surmonter toutes les épreuves qui se présentent à nous. Ainsi, on a donc moins peur d’oser de grandes choses ou de prendre des décisions qui comportent une part d’inconnu, qui nous amèneraient sur des terrains inconnus où il y aura peut-être, gardant l’entrée d’une superbe clairière avec des chevaux et des lapins, quelques monstres à combattre.


-Des chevaux et des lapins maintenant!


-Je voulais voir si tu m'écoutais. J'ai la conviction que nous sommes en vie pour apprendre, pour grandir, pour comprendre, pour donner le meilleur de soi-même, et c’est en faisant des expériences que l’on parvient à tout ça.


-Un peu comme un scientifique qui fait des expériences pour voir ce que ça donnera et qui parfois arrive à créer une potion magique?



-Oui. Et tu sais, parfois il rate son coup mais ça lui sert de leçon pour la suite de ses expériences, il sait ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas et il avance comme ça, en cherchant ce qui fera éclater son génie. Il n’a pas peur de se tromper.


Et si elle était déjà consciente de cette lumière en elle, de son potentiel, de son génie? Et si elle n’avait pas besoin comme moi de prendre toutes sortes de détours, de s’écorcher les pieds pour comprendre la vie? Ou peut-être n’est-elle tout simplement pas une battante, une Jeanne d’Arc, la guerrière que je suis?

-Penses-tu que j’aurai beaucoup d’argent dans la vie? Que je serai riche?



Un peu comme si, nous regardant vivre tous les deux, son père et moi, elle avait opté pour ce qui lui apparaissait le plus simple, le plus facile, une vie comme celle de son père.

Étendue sur mon lit, le regard pétillant, je la sens rêveuse. Depuis quelques temps, elle me parle sans cesse de toutes ces choses qu’ils ont achetés, avec son papa, ou qu’ils se payeront au cours de l’année : voiture, voyages au Mexique, en France, appareils-photo, maison sur la mer, bicyclette, consoles de jeux.


Et pourquoi ne pourrait-elle pas choisir l’abondance?



À dix ans, Dix a déjà choisi son camp. Celui du bonheur et de l’abondance.


Et si le chemin sinueux que j’avais délibérément entrepris avait pour but celui de permettre à ma fille de constater que ce n’était pas ce dont elle avait envie? N’étais-ce pas comme si je lui avais défriché un bout de sentier? Comme si je lui avais conquis quelques terres fertiles où il fera désormais bon vivre?





27 juillet 2007


Observatoire no. 27


Ce n’est pas tant que je ne supporte pas la solitude, que le fait que quand elle n’est plus là, ma Dix, que moi j’y suis encore, là, en ce même endroit. Son absence met de l’avant mon unitude, mon manque à l’autre.






.

20 juillet 2007

Nom d'emprunt


Eder aurait aussi pu jouer la fille cool.

- Hey! T'es populaire mec! Est-ce la fille dont tu me parlais qui te fait des offres dont tu ne peux refuser? Tu veux me la présenter? Allez!

Peu importe.

Kimatz est parti chez lui. Il a du baiser comme un cochon. Eder imagine le sexe de Kimatz tendu au-dessus du corps de cette femme à la chevelure ronde.



Retails et boutures
(automatisme)

Samedi midi devant un café. Les hommes et leur femme sentent l'amour et le sexe doux. Je m'amuse à inventer leur rencontre, ce qui fut mis en place pour que le déclic se fasse, quelles opérations fut nécessaires. J'aimerais faire un film, un documentaire là-dessus.


Comparativement aux types osseux comme moi, les êtres de chair et de rondeurs sont plus heureux de par leur superficie corporelle, de par la capacité de leur dimension corporelle à laisser courir l'amour et le bonheur sur leur peau.


Lu dans les petites annonces du journal Voir de Montréal du 5 juillet 07:

Jeune professionnel de 40 ans présentement en prison, très à l'aise financièrement, cherche très jolie jeune femme de 22 à 28 ans pour développer une relation sérieuse. Si tu cherches un homme qui prendra soin de toi, je suis l'homme qu'il te faut.



Décidément l'été m'angoisse, cette étape d'entre deux. Les enfants seront-ils satisfaits de leurs vacances? Aurai-je assez de lingots pour subvenir à nos rêves estivaux? Je bois un vermouth de pomme pour diluer mes pensées, leur rendre leur souplesse. Et cet automne? Et les trois prochaines années à venir? Pourrai-je subvenir aux besoins de ma famille tout en étudiant? Autrement, plus obsédant encore, cette impression d'irréalité, la nuit quand je me réveille, quand mes rêves sont petits, comme enchaînés.



Je me sens diminuée par le fait de ne pas être choisie, diminuée dans mon corps qui tout à coup m'apparaît démesurément petit. Est-il un manque de propension à l'amour qu'un petit corps? Je repense soudain à cette expression connue que dans les petits pots se trouve les meilleurs onguents. Je me délie, ça me détend de rire un peu.

Dans le journal, une photo de l'artiste Emily Carr dans son atelier vers 1939 est assez pour me faire voyager. Je me transporte vers cette portion de rêves qui ne m'appartiennent pas.

Le problème vient-il de moi? Peut-être n'ai-je pas l'air sérieuse? Avec mes deux enfants de pères différents, mon attitude à ne pas me prendre au sérieux moi-même?

Je regarde mes enfants, leur peau de fruit rond, leurs mains lisses, je me sens soudainement vieillie. Je ne m'étais pas rendue compte de mon nouvel état avant cet instant précis.

La Malbaie, nous sommes dans les bois sauvages pour la semaine. Les enfants sont partis cueillir des fleurs pour la table du souper que j'ai installée en amont du ruisseau. Je ne les entends plus mais je ne m'inquiète pas.

Nos deux invitées pour la semaine, deux soeurs amies de Dix et Treize, très brillantes, très gentilles, très attentionnées, ont peur des insectes, des orages et d'avoir les mains sales. Je constate avec satisfaction que mes enfants se sentent ici dans leur élément, qu'ils ne sont pas citadins pervertis.

Descendus vers la ville, à la demande générale nous faisons une partie de miniput à côté du bureau d'info touristique de la région. J'encourage Dix qui se trouve full poche en lui rappelant qu'elle n'a pas souvent l'occasion de se pratiquer. Elle me rétorque que bien au contraire lorsqu'elle est en vacances à la plage avec son papa et tout le bras de famille paternelle, ils jouent chaque soirs après le souper. Je me demande ce que j'aurais bien fait avec un homme qui se divertit au miniput soir après soir de vacances.





19 juillet 2007

HolÀ!

Me voilà de retour. Un peu bronzée, un peu stressée de ce retour imminent dans la sphère estudiantine. Prax m'a fait un hommage tout plein de liberté à travers un petit texte estival pas piqué des vers.

Bonne lecture!

1 juillet 2007



Baiser salée

D'abord, je suis tombée sur une scène magnifiquement torride du film Carne Tremula, l'un de mes préférés de Pedro Almodovar.

Aussi, je suis encore tombée amoureuse, encore! cette fois-ci dans la section musique chez Renaud-Bray, écouteur aux oreilles. Le superbe type se nomme Souleymane Diamanka, et son disque, l'hiver Peul, est un hymne de poésie pure, hymne au mouvement Slam, à nos racines, les siennes.

29 juin 2007

La preuve


Ils s’étaient connus il y a douze ans. À l’époque, ils s’échangeaient des textes érotiques qu’ils écrivaient chacun dans leur chambre respective à l’étage d'une petite maison qu'ils avaient louée sur l'Ile d'Orléans. C’était une idée d’elle, le fait de faire chambre à part, elle aimait l’idée qu’il devait tous les jours la séduire pour qu’elle l’invite au creux de sa couche joliment coincée entre le mur duquel se dessinait une grande fenêtre et sa table de travail jonchés de rognures de romans hypothétiques qu’elle ne terminerait jamais.

Ainsi par la fente de sa porte lui parvenait de petites nouvelles érotiques qu'il lui glissait en guise de visa temporaire pour la nuit; il était nettement plus doué qu’elle en la matière. Dommage qu’il ait laissé tomber l'écriture à un certain moment, l'écriture et tout son potentiel érotique. Elle lui pardonnait difficilement d'avoir bêtement concédé sa vie à une femme de qui il ne serait pas amoureux, qu'il ne désirait pas.

C'est elle qui avait voulu prendre le large, besoin de vivre beaucoup de choses, pour pouvoir faire des choix, non pas les bons, plutôt les vrais, c'est ce qu'elle comprenait maintenant. Ils se seraient effrités comme la roche calcaire entre les doigts au bout d'un moment. Ils n'étaient pas prêts, trop jeunes.

Ça l'avait rendu fou malheureux.

Ce soir-là, bien des années plus tard, c'était bon de voir l'homme qu'il était devenu.

27 juin 2007

Bénédictine


Je fouille dans mes papiers sur le bureau. L'étagère. La table de nuit. Pas de trace. Cherche dans le tiroir du bahut de la salle à dîner, dans la bibliothèque, peut-être s'est-elle glissée entre deux livres, toujours rien. J'ai le coeur littéralement brisé à l'idée de l'avoir réellement perdue. Reste les bacs de recyclage sur le trottoir. Faisant rapidement suite à mes pensées, de la fenêtre, le camion vert remonte la rue, se gare devant la maison et coupe le moteur. Prennent une pause, fait chaud, z'ont chaud. Je dévale l'escalier nus pieds avec un grand sac, question de transvider le contenu ne faisant pas l'objet de ma quête. Journal déplie journal secoue journal déplie secoue carton de lait carton de jus photos de pigeons glissés par mon père dans ma carte de fête (pardon papa) et LA VOILÀ! soigneusement pliée en trois, toute sage, MA PETITE LETTRE MAUVE, réchappée, rescapée juste à temps, pour Maman de Dix, à laquelle manque un petit carré dans le coin droit, une découpure, peut-être s'en est-elle gardé un petit bout, je n'ai jamais posé la question.

Fière, encore, je relis ma lettre :

Allo! Maman. Je t'aime, bonne fête! J'espère que tu vas aimé tout tes cadeaux et qu'il fera beau le jour où tu vas la fêter! J'espère aussi que tu m'inviteras et que tu inviteras tout s'eux que tu aimes et qu'ils viendront tous! Je te souhaite du bonheur, un beau 33 ans... J'aime quand nous sommes ensemble. Je m'excuse pour toutes les fois où nous nous sommes chicané et que s'était de ma faute! Je m'excuse de ne pas avoir de cadeau! Pour l'instant, c'est toi qui me fait le cadeau de ton amour...

SLO

25 juin 2007


Observatoire no.25


Pas le moindre vent dans les arbres.
Pas d'homme, ni d'animaux, pas le moindre piaillement d'oiseaux.
Tout est calme, opaque.
Je me sens seule, centrée sur moi-même.
Seule au milieu de la scène, comme si tout m'observait.

Le ciel, l'espace, l'horizon, l'air, tout m'observe pesamment.

Je ne fais plus partie d'un ensemble à la manière d'un élément, je suis le noyau.

Mais je ne donne pas vie.

Je ne sème pas tout autour, me dosant d'amour et d'attention pour tout ce qui m'entoure, non. Je suis concentrée en moi-même, bouillonnante, perplexe, incertaine, inabondante.
Embrouillée par tout ce qui est trop près de la vue, dans mon brouhaha implacable.



Je perds contact avec toute réalité pour n'aborder que celle-là seule que peut contenir mon corps maintenu au-dessus, flottant.


J'ai manqué d'ancrage à un moment ou à un autre.








Je trébuche sur des questions comme vais-je aller souper chez mon frère, ou rencontrer cet ami, ou accepter l'invitation à la petite fête chez Jacinthe et Frédéric? Toute la journée je fais des choix en les regrettant amèrement tout de suite après comme si c'était d'une importance capitale.


Qu'on me fasse une saignée, quelque chose.


Tiens, les oiseaux se font entendre à nouveau. On dirait qu'ils se lancent de longs sifflets d'arbre en arbre.

L'épais gris se troue. Le ciel se détache en coton.





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22 juin 2007

Trente-trois


Aujourd'hui mon anniversaire. Je traîne pour la deuxième fois de ce mois une gastro qui me laisse la peau sur les os. Pas grave. Je suis contente d'avoir 33 ans.

14 juin 2007

Le goût des jeunes femmes

J'ai le goût de me baigner.

De marcher jusqu'à la piscine Laurier avec Dix qui me raconte tout.

Mon anniversaire dans une semaine, j'aimerais réaliser une sorte de Bye Bye humoristique sur différents épisodes de cette dernière année, l'année de mes trente-deux ans. Rire de moi un peu, souligner mes bons coups.

J'ai le goût de cultiver mon enfant rebelle.

J'ai le goût de ne plus m'en vouloir, de ne jamais avoir peur.

J'ai envie que ma parole soit toujours impeccable, que jamais elle ne blesse les gens que j'aime ni personne.

J'ai le goût d'être tout amour, que ça fasse une différence.

J'ai le goût de dormir à la belle étoile avec mes enfants, avec mon fils de qui je m'ennuie, qu'on se dise les vraies affaires tous les deux.



11 juin 2007

TAG!


Galadriel m'ayant donné la tag il y a de cela une bonne semaine, me voici donc à mes devoirs. Chaque personne décrit sept choses à propos d'elle-même. Ceux qui ont été tagué doivent écrire sur leur blogue ces sept choses ainsi que les règlements et ensuite taguer sept autres personnes qui seront clairement énumérés. Un message dans leur blogue respectif annoncera à ces personnes qu'ils ont été tagué tout en les intimant à lire votre blogue.

Je suis à mon clavier qui me réserve la surprise de ce que seront ces sept choses sur moi.
Je laisse courir mes doigts.
Un, deux, trois, go.


Je n'ai pratiquement jamais eu de portefeuille, porte-monnaie, jamais de montre. Il y a environs deux ans, je me suis convertie au sac à main, avant je traînais mes petites babioles de femme dans divers sacs, parfois en plastique.

L'an dernier, je me suis achetée un lit chez Ikéa. Après avoir sacré près d'une heure comme prescrit dans le guide d'assemblage, balance mon vieux matelas dans la structure de bois pour m'apercevoir que ledit matelas est double et la structure queen. Un an plus tard, je tolère toujours cette situation.

Mardi le 19 juin me sera livré un nouveau matelas format grand amour.

Histoire de matelas no.3. L'été dernier, par une soirée spectaculairement moite et chaude, je suis tombée sous le charme d'un jeune acteur Américain de L.A. beau comme un ange. En ville pour la fin de semaine en compagnie de sa bande de joyeux lurons, il fêtait les 33 ans d'un de ses amis dans la plus grosse boite de nuit du Vieux-Montréal. Il était à peine une heure du matin quand nous avons sauté dans un taxi. J'avais enfilé ce soir-là un de mes petits tops-tubes Philippe Dubuc à 150$ que je n'étrenne que dans de grandes occasions, non pas pour les raisons que vous vous imaginez mais plutôt parce qu'une fois sur le dos, il est pratiquement impossible à enlever sans suer tout son petit liquide. Toujours est-il qu'une fois chez moi, la moiteur de cette nuit de canicule rendant la manœuvre quasi-impossible, après une interminable minute de bataille franche, je taillai à grand coup de ciseau le petit tissu finement cousu par Monsieur Dubuc ou son assistante, délivrant ainsi mon petit corps dévoré d'envies multiples. On rit de moi quand je raconte que le lendemain je pouvais tordre les draps et qu'il a fallu trois jours à mon matelas pour sécher. Vous ne me croyez pas!? J'aurais mis ma main au feu.



À deux mois de grossesse, dans les trois cas, je connaissais intuitivement le sexe des enfants que je portais et malheur à celui qui avançait qu'il était du domaine du possible que je me trompe.

À dix ans, ma mère qui n'était pas souvent à la maison me laissait 5o$ par semaine pour que je nous fasse une épicerie à ma jeune soeur et à moi. Je partais au marché du coin armée de ma calculatrice pour m'assurer que biscuits à la mélasse, Cup a Soup et céréales à déjeuner ne dépassaient pas les 50$ alignés qui nous faisaient office de mère à l'époque.


Voilà!




7 juin 2007

TQS

Trois jours sur le carreau (je trouve cette expression savoureuse! Je me vois couchée par terre, sur les carrelage de la salle de bain...).

Trois jours alitée.
Trois jours de jeûne forcé, à lire, à me perdre dans le visionnement du film d'après-midi de TQS (savez, quand c'est tellement moche que c'en est captivant...), à me lever tout de même, la tête bourdonnante et l'estomac pris de vertige, pour préparer les repas de ma grande Dix, à lui désinfecter aussi trois fois par jour (la tête bourdonnante et l'estomac pris de vertige) sa jambe transformée par un gros bobo purulent, son souvenir du Tour de l'Île.

Ce matin, en mettant le pieds dans la cuisine, je suis de nouveau prise d'étourdissement en voyant la vaisselle qui a envahi toutes surfaces planes telle une plante tentacule des mauvais films d'après-midi. Nous déjeunons tranquille, à la table. Je me sens mieux. Je mange un bout de pain et un fruit.

Avant de partir pour l'école, Dix me lance:

-Maman, aujourd'hui ton défi sera de faire la vaisselle!

Ah! Ce qu'ils sont avenants ces enfants!

5 juin 2007


Mandela

Au milieu de la vingtaine, je suis tombée sur un extrait du discours de Nelson Mandela lors de son intronisation en Afrique du Sud en 1994. Je l'avais recopié sur un bout de papier et l'avais affiché sur le frigo où il y est resté longtemps. En faisant le tri de mes boites de paperasse, j'ai redécouvert le petit bout de papier écornée qui avait été très significatif pour moi à l'époque:

Notre peur la plus profonde n'est pas que nous ne soyons pas à la hauteur. C'est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus. Nous nous posons la question: qui suis-je moi pour être merveilleux, brillant, radieux, talentueux? En fait, qui êtes-vous pour ne pas l'être? Vous êtes enfants de l'Univers (le mot original étant Dieu, je l'avais changé pour les besoins de ma cause). Vous restreindre vivre petit, ne rend pas service au monde. L'illumination n'est pas de vous rétrécir pour éviter l'insécurité des autres. Nous sommes nés pour rendre manifeste l'Univers qui est en nous.

Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus: elle est en chacun de nous, et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.

En nous libérant de notre peur, notre présence libère automatiquement les autres.

3 juin 2007

Survivor

Décidément, je ne suis pas chanceuse en amour. Chaque fois je me retrouve face à la même problématique. Et si j'étais la seule célibataire survivante sur terre?

28 mai 2007

Cher journal


Aujourd'hui, je me suis mise toute belle. Je suis en route vers l'école de Dix à qui j'ai promis un pique-nique ce midi.

J'arrive un peu d'avance espérant avoir le plaisir d'y trouver Normand. Dans la cour, je choisis un banc inondé de soleil. Je ferme les yeux et j'attends que la cloche sonne. Mes comportements amoureux ne prennent pas d'âge avec le temps. Je veux dire qu'en amour, je suis comme à dix ans et que je rêvasse que Normand se penche sur moi en prenant mon visage entre ses grandes mains.

Il y a quelques semaines, nous avions discutés sur ce banc. Il m'avait subtilement glissé qu'il était séparé depuis deux ans, qu'ils s'entendaient pour le mieux avec son ex et partageaient la garde de Mona leur petite fille de onze ans. Il y a cinq ou six ans, j'avais sympathisé avec le couple dont la petite avait été brièvement l'amie de Dix.

On avait discuté de sa carrière qui allait pour le mieux.

-C'est pas tous les jours facile la musique, mais je ne changerais pour rien au monde.

-De toute façon Normand, je dis en taquinant, c'est pas à ton âge que tu changeras de métier.

Il rit.

-T'as bien raison, c'est pas à quarante-sept ans que j'apprendrai un nouveau métier.

-Tu n'y peux rien, c'est la musique qui t'as choisi!

On rit un peu. On est content d'être là.




-Coucou!

Ma bonne amie Renée Ann se tient devant moi avec sa petite fée nouvelle-née dans ses bras. Je sors de ma torpeur.

-Prête pour le pique nique? Qu'est-ce que tu dis du petit parc à côté?

Je vois sortir la petite Mona fille de musicien, par la grande porte d'où se déverse soudainement tout le contenu de l'école. Elle quitte la cour avec une amie, pas de papa en vue. Dix et Morgane, une des filles de Renée Ann, se détachent du flot et s'avancent vers nous.

Je quitte mon banc pour accueillir les filles.

Cher journal, on s'en reparle bientôt veux-tu?



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17 mai 2007

En pensant à toi cher ami


Aujourd'hui, je paresse un peu en vous laissant avec les mots d'une superbe femme. Je les lui emprunte pour les besoins d'une bonne cause.


La Frontera

Hoy vuelvo a la frontera
Otra vez he de atravesar
Es el viento que me manda

Que me empuja a la frontera
Y que borra el camino
Que detrás desaparece

Me arrastro bajo el cielo
Y las nubes del invierno
Es el viento que las manda
Y no hay nadie que las pare
A veces combate despiadado
A veces baile
Y a vecesnada

Hoy cruzo la frontera
Bajo el cielo
Bajo el cielo
Es el viento que me manda
Bajo el cielo de acero
Soy el punto negro que anda
A las orillas de la suerte

Aujourd'hui je traverse la frontière Sous le ciel Sous le ciel C'est le vent qui me commande Sous le ciel acier Je suis le point noir qui avance Aux abords de la chance A las orillas de la suerte...



Un autre très beau texte de Lhasa de Sela initialement en espagnol

Pa' l
legar a tu lado

Je remercie ton corps

De m’avoir attendue
Il a fallu que je me perde
Pour arriver à tes côtés

Je remercie tes bras
De m’avoir atteinte
Il a fallu que je m’éloigne
Pour arriver à tes côtés

Je remercie tes mains
De m’avoir supportée
Il a fallu que je me brûle
Pour arriver à tes côtés